Une grâce double

« …Comme il est impossible de couper Jésus-Christ en morceaux, ces deux réalités, la justification et la sanctification, sont inséparables puisque nous les recevons ensemble et liées en Lui. Tous ceux, en effet, que Dieu reçoit par grâce sont revêtus aussi de l’Esprit d’adoption, par la puissance duquel ils sont reformés à son image. Si la luminosité du soleil ne peut être séparée de la chaleur, dirons-nous que la terre est réchauffée par sa luminosité ou qu’elle est éclairée par sa chaleur ? Aucune image ne peut être meilleure que celle-ci pour mettre un terme à ce différend. Le soleil nourrit la terre et la rends productive par sa chaleur et ses rayons lui procurent la lumière. Voilà une union  indissociable de deux éléments dont les particularités propres ne peuvent être transférées de l’un à l’autre. »

(Jean Calvin, IRC, III.11.6)

Il est souvent affirmé dans nos églises que la « justification » et la « sanctification » sont deux choses profondément différentes, voire même séparées. Bien que nous devrions apprendre à les distinguer sans jamais les séparer, une telle affirmation devrait être réévaluée à la lumière des écritures.

En effet, il est indéniable que la « justification » intègre particulièrement une réalité pénale et judiciaire dans sa compréhension Paulinienne. Ainsi, nous pouvons affirmer sans aucune hésitation que c’est par la foi en Jésus-Christ seul que l’homme peut-être déclaré « juste » par Dieu à cause de la « justice » de Christ dont il est alors revêtue. Cependant, nous ne devrions pas réduire notre compréhension de  la « justification » à un unique acte déclaratif fait par un « lointain juge », une déclaration fondée sur « ma propre conviction »…ceci reviendrait à une compréhension déiste de la justification.

La « justification » incorpore clairement une dimension déclarative, mais une déclaration reliée à une oeuvre éminemment personnelle que notre Dieu trinitaire accomplis dans la vie de ses élus. En effet, notre conversion n’est pas l’adoption d’une nouvelle philosophie théiste. Loin de là, notre « conversion » est une oeuvre miraculeuse accomplie par Dieu lui-même au sein de notre existence : Une oeuvre tellement puissante et profonde qu’elle engage notre propre volonté et les passions de notre cœur.

Lorsque Dieu sauve un être humain, effectuant alors une oeuvre en accord avec le seul conseil de sa volonté éternelle, Dieu le Père uni un être humain à Dieu le Fils par la puissance de Dieu l’Esprit. C’est ainsi dans cette union et cette communion à Dieu le Fils dans la puissance du saint-Esprit que l’homme est alors dans une communion efficace avec l’oeuvre puissante de la mort et de la résurrection de Christ.

C’est alors au sein de cette union que Dieu nous libère de notre condamnation et de la tyrannie de nos propres passions trompeuses : Alors que nous étions aveugles, il ouvre nos yeux et nous permet de voir sa gloire qui jaillit de la face du Fils (2 Cor 4.4-6). Et c’est alors que les rayons lumineux de la gloire de Dieu jaillissant de la face du Fils « touchent » à peine les « yeux de notre cœur » que ce dernier fond complètement en adoration face à cette beauté irrésistible. Notre cœur comprend alors à la fois l’horreur de sa faute et la beauté glorieuse de son Créateur révélée en Jésus-Christ : Dieu nous a alors fait naître de nouveau.

Et c’est cette oeuvre d’union et de communion, fondement de notre nouvelle naissance, qui doit toujours être à la base de notre compréhension de la « justification » et de la « sanctification ». Ces deux réalités, comme le souligne avec clarté Jean Calvin, sont deux réalités accomplies par Dieu dans notre vie alors qu’il nous unit au Fils.

C’est parce que nous sommes en union et en communion au Fils par la puissance du Saint-Esprit par le moyen de la foi que la justice du Fils devient nôtre et que le Père peut nous déclarer « juste ».

C’est parce que nous sommes en union et en communion au Fils par la puissance du Saint-Esprit par le moyen de la foi que nous sommes transférés du royaume des ténèbres dans le royaume du Fils et que sa vie de résurrection nous communique la capacité de grandir dans des affections croissantes pour la gloire de Dieu manifestée dans le Fils.

Pour reprendre l’image de Calvin, Jésus, le Fils éternel de Dieu est dorénavant le « soleil » de notre vie duquel nous recevons la luminosité de « sa justice » qui nous enveloppe alors totalement de sa clarté (justification) , mais il est aussi le « soleil » de notre vie dont nous recevons la chaleur de « sa vie de résurrection » par laquelle nous sommes transformés de gloire en gloire à l’image du Fils (sanctification).

« Justification » et « Sanctification » sont ainsi cette « grâce double » offerte par Dieu à ses enfants et c’est pour cela qu’aucun croyant ne devrait séparer sa vie morale et éthique de sa foi : Justification et sanctification sont toujours présentes ensemble dans la vie d’une personne que Dieu a fait naître de nouveau.

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