Les marques d’une église en bonne santé : Un mode de gouvernance biblique (8)

Les voix (… et les voies) de la confusion

Dans une période où la confusion règne en matière d’autorité, le sujet de la gouvernance au sein de l’église locale demeure souvent l’un des plus épineux. En effet, les voix cacophoniques de notre culture occidentale  influencent bien trop nos églises locales. Au sein de notre culture, nous assistons bien souvent à un rejet de toute forme d’autorité (un rejet qui exerce alors paradoxalement une forme d’autorité) ainsi qu’à une défense d’une liberté très individualiste, une liberté telle qu’elle s’impose souvent comme un tyran sur un grand nombre de nos convictions éthiques et morales (comme par exemple dans le débat sur les philosophies LGBTQ+).

Ainsi, malheureusement, dans nos églises évangéliques, nous pouvons faire face à ces mêmes réalités : un rejet de toute forme d’autorité et la défense de la primauté d’une liberté individualiste égocentrique. Il est alors compréhensible que, lorsque nous abordons ce thème, beaucoup parleront « naturellement » du danger de l’autoritarisme. Ce danger est réel. Mais ce danger est aussi réel que celui de l’égocentrisme parmi les membres d’une église qui s’opposent à toute forme d’autorité. D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’il existe un abus de l’autorité dans certaines églises que l’autorité, en tant que telle, est une chose mauvaise. Considérez par exemple Hérode et Jésus. Tous deux sont des rois. Mais seul Hérode exerça une royauté tyrannique et égocentrique. Est-ce que nous devrions alors refuser que Jésus soit le « roi » de Son église ? Bien sûr que non ! En plus d’être impossible, la simple tentative d’un tel « refus » serait ridicule et désastreuse.

Des bergers qui dirigent

La question de l’autorité dans l’église locale est ainsi une chose importante et elle possède alors un enracinement biblique profond. Le Nouveau Testament, et en particulier les écrits pauliniens, décrivent clairement les églises comme étant dirigées par un collège d’anciens/pasteurs/bergers (bien que possédant des nuances différentes, les trois termes désignent ensemble la réalité de la vocation pastorale). Les anciens possèdent alors la charge de « diriger », d’ « enseigner » et de « protéger » l’église locale. Cette tâche ne revient ni à un comité diaconal ni à un conseil administratif. Les anciens sont alors des hommes qui doivent répondre à des critères précis de sélection (1 Timothée 3, Tite 1). De plus, en ce qui concerne l’exercice de la gouvernance, le Nouveau Testament offre une vision équilibrée de l’autorité. En effet, les anciens ne doivent pas diriger une église locale en dominant de manière tyrannique mais ils sont appelés à le faire en enseignant la Parole de Dieu, en étant des modèles pour le troupeau et en prenant soin des membres de l’église (encouragement, discipline de l’église…). De plus, les anciens, bien qu’étant clairement redevables de leurs tâches vis à vis de la congrégation, ils le sont premièrement vis à vis de Dieu qui les jugera de manière plus rigoureuse à cause de la responsabilité qui leur a été confiée (Heb 13.17)

Des diacres qui soutiennent

Comme nous pouvons le voir dans le livres des Actes, Dieu a dirigé l’église primitive à mettre en place des hommes et des femmes qui pourront assister les anciens dans des tâches autres que celles qui sont spécifiques à la vocation pastorale. Ces personnes sont alors des « diacres ». Je crois qu’il est important de conserver cette réalité biblique du « diacre », car beaucoup de nos jours n’utilisent plus cette catégorie pour ne parler que de « leader ». Cependant, la Bible nous donne des critères précis et clairs pour sélectionner un « diacre », mais la catégorie de « leader » demeure bien souvent fluide et confuse dans les églises locales. Néanmoins, si cette catégorie de « leader » est utilisée, il devra alors être dressé une description claire et biblique du rôle et de la responsabilité du « leadership » en question.

Une congrégation responsable

La congrégation joue alors un rôle très important dans cette compréhension de la gouvernance (je ne traite ici que du modèle baptiste congrégationaliste traditionnel). En effet, ce sont les membres de l’église locale qui sont appelés à reconnaître et élire les pasteurs de l’église locale. Lorsque cette reconnaissance a été faite, la congrégation confie alors officiellement la direction et la gouvernance de l’église à ses pasteurs. Bien que le rapport avec ses pasteurs soit alors celui de l’obéissance, du respect et du soutien (alors compris de manière biblique), la congrégation est néanmoins appelée à grandir en maturité et en discernement vis à vis de ce qui lui sera proposé et enseigné par le collège des anciens. C’est en effet un des buts recherché par les anciens au travers de l’exercice de leur fonction : voir la congrégation s’épanouir en maturité spirituelle afin qu’elle devienne de plus en plus responsable dans son mandat de faire de toutes les nations des disciples.

Quelques ressources pour approfondir le sujet

Les anciens : Qu’en dit la Bible ?
Les diacres, qu’en dit la Bible ?
Les anciens
La maturité spirituelle

 

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