Les marques d’une église en bonne santé : Qu’est-ce qu’une église locale ? (1)

De nos jours, la compréhension de ce qu’est « l’église locale » est souvent confuse, particulièrement dans notre contexte occidental  marqué par le relativisme, le post-modernisme et le consumérisme.

En effet, il est malheureux de  voir que pour certains l’église de Jésus-Christ se limite à une expérience pour vivre exclusivement une forme de transcendance émotionnelle au travers de la musique ou de discours proches de la psychologie positive séculière, ou encore pour d’autres, l’église ne devrait comprendre uniquement sa raison d’être dans la manière dont elle peut être un catalyseur de la justice sociale dans son quartier.

Pourtant cette superficialité propre à notre siècle ne correspond pas à notre héritage protestant que beaucoup semblent oublier dans nos milieux évangéliques…en effet, l’église de Jésus-Christ n’est pas arrivé en même temps que Star Wars à la fin des années 80… qui soit dit en passant, sont des années que j’affectionne énormément.

Pour commencer, voici une réflexion intéressante de Jean Calvin (nous porterons uniquement notre attention sur les caractéristiques des croyants élus au sein de l’Eglise et non à cette distinction importante entre église visible et invisible) :

« J’estime que tout ce que nous avons dit montre clairement comment on doit juger l’Église visible, celle que nous pouvons connaître. (…) En utilisant ce terme, elle évoque, parfois, l’Église telle qu’elle est en vérité et qui ne comprend que ceux qui, par la grâce de l’adoption, sont enfants de Dieu et, par la sanctification de son Esprit, sont de vrais membres de Jésus-Christ. Dans ce cas, elle envisage non seulement les saints qui habitent sur la terre, mais aussi tous les élus depuis le commencement du monde. Souvent aussi, l’Écriture évoque, par le nom d’Église, la multitude de personnes disséminées partout dans le monde, qui fait profession d’honorer Dieu et Jésus-Christ, qui atteste de sa foi par le baptême, témoigne de son unité en matière de doctrine et d’amour, et adhère à la Parole de Dieu, dont elle veut garder la prédication selon le commandement de Jésus-Christ. Dans cette Église se trouvent, mêlés aux autres membres, des hypocrites qui n’ont rien de Jésus-Christ, sauf le nom et l’apparence: les uns sont ambitieux, les autres avares, d’autres sont médisants, certains mènent une vie dissolue. Ils sont tolérés, pour un temps, ou parce qu’on n’a pas de preuve pour les condamner, ou bien parce que la discipline n’est pas toujours ce qu’elle devrait être. De même qu’il nous faut croire l’Église qui est invisible pour nous et connue de Dieu seul, de même il nous est ordonné d’avoir en honneur cette Église visible et de nous maintenir dans sa communion. » (IRC, IV-1-7)

Une des choses que nous pouvons noter, est que Jean Calvin souligne avec pertinence que l’église est fondamentalement la communion d’hommes et de femmes qui ont été adoptés par Dieu par la sanctification du Saint-Esprit. Par cela, Jean Calvin veut entre autre affirmer que l’église de Jésus-Christ est composée fondamentalement d’hommes et de femmes qui sont nés de nouveau par la puissance du Saint-Esprit, et cela en exprimant alors une foi centrée sur la personne de Jésus-Christ et la Gloire de Dieu manifestée en Jésus-Christ. Ceci est important car, dans certains mouvements fortement inclusifs, il est généralement commis l’erreur de vouloir faire croire aux personnes incroyantes qu’elles font déjà « parties » de l’église locale. Il est bien sûr normal d’exercer un vrai accueil rempli d’amour et d’attention envers les incroyants qui fréquentent nos églises (nous désirons qu’elles puissent être transformés par l’évangile de Jésus-Christ), mais il est profondément incohérent de leur faire croire qu’ils feraient déjà partis de l’église locale sans avoir été adoptés par Dieu par la sanctification du Saint-Esprit (une réalité miraculeuse qui se manifeste par la foi et l’obéissance de la foi).

Une autre réalité biblique qui pourrait s’ajouter à cette réflexion est la réalité que l’église de Jésus-Christ est par définition la manifestation de l’inauguration du Royaume de Dieu dans la mort et la résurrection de celui qui est le roi de ce royaume :  Jésus-Christ. Ainsi, il est important de ne jamais dissocier la réalité de l’église locale avec la réalité de l’exercice de la royauté de Jésus-Christ par son Esprit et sa Parole sur les cœurs des personnes faisant partis de son royaume.

Puis Jean Calvin va un peu plus en profondeur en voulant donner les marques qui caractérisent l’église locale :

 » Voilà ce qui manifeste l’Église visible. Partout où nous voyons que la Parole de Dieu est prêchée purement et écoutée et les sacrements administrés en suivant l’institution de Christ, il n’y a pas à douter que là est une Église (Éphésiens 2.20), car la promesse du Seigneur est certaine: «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux» (Matthieu 18.20). » (IRC, IV-1-7)

Il est vraiment intéressant de noter que Jean Calvin souligne la centralité de la Parole de Dieu pour caractériser l’église locale. Une église locale est une église où la Parole de Dieu est prêchée (notez l’adverbe « purement » adjoint par Jean Calvin), écoutée et enfin « pratiquée » par les sacrements du baptême et de la sainte-Cène.

Alors certains pourraient reprocher à Jean Calvin de ne pas parler ici de la Prière ou de l’évangélisation etc… Mais il est important de comprendre qu’à l’image de petits ruisseaux provenant  d’une seule et unique source d’eau en amont, Jean Calvin désire souligner la primauté du ministère de la Parole de Dieu au sein de l’église de Jésus-Christ, une primauté à partir de laquelle découleront toutes les autres marques dont nous parleront dans cette série d’articles. Ainsi, la question fondamentale serait pour chacun de nous : Est-ce que la Parole de Dieu est prêchée « purement » dans nos église ? Écoutée « attentivement » dans nos églises ? Pratiquée « droitement » au travers des sacrements dans nos églises ?

L’exercice du ministère de la Parole de Dieu est fondamental au sein de l’église locale est il ne peut être remplacé par quoi que ce soit d’autre, car la cohérence et la pertinence d’une église locale sera toujours en fonction de sa fidélité dans l’exercice du ministère de la Parole de Dieu. D’ailleurs, Jean Calvin souligne deux dangers qui guette chacune de nos églises  :

« Il n’y a rien que Satan ne s’évertue plus à faire que de nous pousser à l’une de ces deux choses : nous empêcher de voir l’Église en supprimant ou en effaçant les vrais signes qui nous permettent de la discerner; ou bien nous pousser à les mépriser, afin que nous nous séparions de la communauté de l’Église ou que nous nous révoltions contre elle. Par ruse diabolique, la pure prédication de l’Évangile a été cachée pendant de longues années; et, maintenant, de la même manière, Satan s’efforce d’annihiler le ministère que Jésus-Christ a si bien établi dans son Église, afin qu’après sa ruine, l’édification de celle-ci cesse. » (IRC, IV-I-11)

A partir de ces courtes réflexions, nous pourrions alors conclure que l’église locale est la communauté des hommes et des femmes qui ont été adoptés par Dieu le Père par la sanctification du Saint-Esprit en étant unis à Jésus-Christ. Cette communauté existe alors pour la gloire de Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. Et enfin c’est une communauté qui vit et qui poursuit fidèlement cette réalité du Royaume de Dieu au sein de laquelle la Parole de Dieu est prêchée « purement », écoutée « attentivement » et enfin pratiquée « droitement »  au travers des sacrements du baptême et de la Sainte-cène.

 

 

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