Les marques d’une église en bonne santé : La prière (9)

En communion avec Dieu

Lorsque Dieu nous a sauvés de la folie de notre rébellion à son encontre, il nous a unis par la foi à son Fils Jésus-Christ dans la puissance du Saint-Esprit. Ainsi, au cœur de cette œuvre de salut accomplie par Dieu, le croyant, dans sa nouvelle identité en Jésus-Christ, est alors au bénéfice d’une profonde communion avec Dieu lui-même. C’est dans cette communion que le Saint-Esprit ne cesse d’œuvrer dans le cœur du croyant pour le transformer de gloire en gloire à l’image du Christ. Mais il serait erroné de penser que le croyant demeure alors passif. Au contraire, lorsque Dieu rachète une personne et la sanctifie pour son royaume, celle-ci est alors au bénéfice d’une nouvelle naissance qui transforme, de manière radicale, l’orientation de ses pensées, de ses ambitions et de ses passions. Alors que Dieu était pour elle, inintéressant et sans aucune pertinence, désormais, grâce à l’œuvre de conversion accomplie par Dieu et exprimée par la repentance et la foi dans la vie du croyant, la gloire de Dieu manifestée dans la personne du Christ devient l’ultime repère de son cœur. Un repère tel que la relation entre le croyant et Dieu se manifeste par une soif et un désir de s’abreuver de la personne et de la présence de Dieu lui-même.

En communion dans la prière

Bien que notre union et notre communion avec Dieu en Jésus-Christ par le moyen de la foi soit une réalité objective accomplie par Dieu en nous, il n’en demeure pas moins que cette réalité s’approprie et se vit jour après jour par le croyant. C’est ainsi que la prière devient alors une réalité centrale dans la vie du croyant. En effet, en tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à « communiquer » avec Dieu au sein de cette « communion » qu’il nous offre en Jésus-Christ. Cette communication est alors une expression de notre vie de piété et non le fondement de notre piété. En effet, le fondement de notre piété demeurera toujours l’œuvre de Dieu en nous :

« Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise, ​à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, ​à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, ​à la piété l’amour fraternel, à l’amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. » (2 Pierre 1.3-8)

Ainsi, le croyant est appelé à pratiquer la réalité de son union et de sa communion à Dieu en Jésus-Christ par sa vie de piété et sa vie de prière. La vie de prière ne devrait donc pas être perçue comme un mécanisme mystique qui nous permettrait d’obtenir une certaine puissance spirituelle de la part de Dieu. Lorsque nous prenons garde aux textes du livre des Psaumes, un livre dans lequel s’exprime la piété des saints de l’ancienne alliance, nous pouvons observer avec profondeur que la prière était une conversation honnête et respectueuse entre le croyant et son Dieu… une conversation marquée à la fois par la fragilité et l’incompréhension du cœur humain mais aussi par une passion dévorante pour la gloire de Dieu. Nous pouvons aussi remarquer à quel point, dans le livre des Psaumes, les auteurs se refusaient de prononcer toutes paroles vaines. De plus, ces mêmes auteurs ne limitaient jamais leur interaction avec Dieu par le simple constat de leur fragilité ou de leurs limites. Au contraire, il est important de remarquer combien les prières et les louanges des psaumes sont imprégnées des événements de l’histoire de la rédemption ainsi que d’une confiance inaltérable dans les promesses et les alliances que Dieu avaient conclues avec son peuple.

Ainsi, une chose que nous pouvons alors retenir pour notre propre vie, est que notre vie de prière ne devrait pas se limiter à un simple monologue sur nos états d’âmes. Bien que l’expression de nos états d’âmes aient leur place dans notre vie de prière, notre conversation avec Dieu, à l’image des psalmistes, se doit d’être aussi nourrie d’une méditation des promesses de Dieu et de sa fidélité au sein de ses alliances dans l’histoire de la rédemption. Ceci veut donc dire que la vie de prière du croyant se devrait d’être une articulation de la Parole de Dieu que nous méditons au sein de nos circonstances.  En effet, dans cette « conversation intime » de la prière, nous sommes appelés à verbaliser notre contemplation de la Gloire de Dieu manifestée en Jésus-Christ (Gloire qui nous est dépeinte dans les Saintes Écritures), mais nous sommes aussi appelés à verbaliser nos requêtes et nos états d’âmes à la lumière de cette contemplation.  La prière est ainsi un  lieu où nous apprenons donc à grandir dans la connaissance de Christ : nous apprenons à intégrer et à formuler de manière biblique nos états d’âmes et nos requêtes alors que Jésus règne sur notre cœur.

Mais, c’est aussi par le biais de la prière que Dieu désire nous protéger de la tentation (Luc 22.40), car c’est entre autre au travers de la prière que Dieu agit en nous, et cela en réalignant certains de nos désirs à sa volonté. En effet,  alors que nous apprenons à déposer nos sujets aux pieds du Seigneur, nous apprenons  aussi à mettre nos désirs et nos requêtes à la seconde place et nous laissons notre cœur être premièrement captivé par la Gloire de Dieu qui a été manifestée en Jésus-Christ. C’est d’ailleurs intéressant de noter que la prière est ce qui conclut la liste des armes du croyant données en Eph 6. Et ceci entre autre, parce que c’est dans la prière, alors signe de notre soumission et de notre dévotion à Dieu, que nous sommes appelés à utiliser une telle « armure » et ainsi à croître dans la sainteté.

Prier en communauté

Il est alors essentiel que l’église locale soit une église qui prie ensemble d’une telle manière. En effet, en tant qu’épouse du Christ, l’Église est appelée à vivre la prière dans une dimension communautaire. Tout d’abord, c’est aussi en tant que peuple de Dieu que nous avons reçu l’ordre de prier sans cesse (Jc 5.16, 1 Thess 5.17-25, Luc 21.36, Col 4.2 …). Ensuite, comme nous le voyons au travers des requêtes de prières données par l’apôtre Paul (comme en 1 Thess 5.25, cf. Phil 1.19), Dieu appelle son peuple à se réunir dans la prière pour soutenir les autres par le biais de l’intercession. De plus, au travers de la prière, l’église locale est engagée dans une confession communautaire dans laquelle elle affirme sa confiance en la fidélité de Dieu, fidélité qui a trouvé son plein accomplissement dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Il y a aussi une réalité secondaire à laquelle nous ne pensons pas toujours, celle de la pédagogie de la prière. En effet, nous ne possédons pas tous le même niveau de maturité spirituelle, et la prière communautaire est un moyen par lequel les croyants les plus jeunes dans leur foi pourront apprendre à prier à la lumière des saintes écritures.

Que nos églises locales puissent alors grandir dans la Prière !

 

Quelques ressources sur la Prière :

Timothy Keller, La prière (Clé)

Don Carson, La prière renouvelée (Excelsis)

Samuel Benetraeu, La prière par l’Esprit (Excelsis)

Paul Miller, Une vie de Prière (Ministères multilingues)

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