La grâce est une réalité journalière !

« Je rends grâces à mon Dieu de tout le souvenir que je garde de vous,  ne cessant, dans toutes mes prières pour vous tous, de manifester ma joie  au sujet de la part que vous prenez à l’Évangile, depuis le premier jour jusqu’à maintenant.  Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. » (Phil 1.3-6)

Dans sa lettre aux Philippiens, Paul désire prendre soin et encourager les chrétiens de l’église de Philippe qui sont partenaires avec lui dans la proclamation de l’évangile du Christ. Paul est alors reconnaissant de leur implication dans la proclamation de l’évangile, une implication particulière non seulement au travers de leur soutien dans la prière mais aussi au travers de leur soutien financier qu’ils lui apportèrent par le biais d’Epaphropdite.

Au sein de ces encouragements, Paul  affirme sa confiance dans la persévérance des Philippiens autant dans leur appropriation de l’évangile que dans leur implication financière pour la proclamation de l’évangile. Cependant, ce qui est remarquable est que Paul fonde alors une telle assurance non sur la force et le courage des Philippiens, mais bien plutôt sur la fidélité de Dieu lui-même au sein de son peuple. Pour l’apôtre, sa certitude vis à vis de la persévérance des philippiens s’enracine dans la fidélité de Dieu au sein de son oeuvre de Rédemption : Dieu préservera et fera croître l’oeuvre de la nouvelle création qu’il a initié dans les cœurs des croyants de Philippe. Ainsi, non seulement Dieu est celui qui nous fait naître de nouveau (Jn 3) en nous unissant à Jésus-Christ dans la puissance du Saint-Esprit (Rom 6), mais Dieu est aussi celui qui va faire croître notre foi jour après jour, cette foi qui est ultimement un « don » de sa part (Eph 2), un fruit de l’Esprit qu’il fait grandir en nous (Gal 5).

Ainsi de cette formidable et puissante réalité, il en résulte les choses suivantes :

  • Cette nouvelle « créature » que je suis est une « bonne » oeuvre de Dieu et elle ne sera que pleinement « parfaite » et « accomplie » lors du retour de Christ. Mes  chutes et mes défaillances n’invalident alors pas la « vie nouvelle » que j’ai reçu en Christ. En effet, alors que je me repens avec une tristesse centrée sur Dieu et sa sainteté, ces chutes constituent la triste réalité de la fragilité de mon cœur qui est en lutte contre le péché (Rom 8.13-14). Malgré ces chutes, Dieu demeure fidèle autant dans l’offre de son « pardon » (1 Jn 2.1) que dans sa présence active en nous par son Esprit  pour nous transformer à l’image du Christ (2 Cor 3.18).
  • Malgré les souffrances ou les combats que nous pouvons vivre, notre assurance de « tenir bon » se doit d’abord d’être fondée sur la fidélité de Dieu et non sur « mes » capacités.
  • Chaque matin alors que je me lève, peu importe la quantité de force que j’ai pour affronter la journée qui se présente à moi, mon assurance de persévérer coûte que coûte se trouve uniquement en la puissance inégalable et souveraine de Dieu lui-même, ainsi que dans sa fidélité.

Une telle réalité nous permet alors de réaliser que la grâce que Dieu nous a offerte en Christ, une grâce au sein de laquelle il a fait de nous une nouvelle créature, ne consiste pas une « chose » que Dieu nous a offerte, mais c’est avant tout la promesse de sa « présence » efficace en nous au sein d’une alliance fondée sur l’oeuvre du Christ. Cette « présence » est une union et une communion avec notre Créateur offerte par la médiation de notre union en Christ au travers de laquelle il nous transforme de gloire en gloire. Cette « grâce » dont nous sommes alors bénéficiaires est ainsi une réalité que Dieu met en oeuvre en nous par son Esprit « jour après jours » ! Comme le souligne alors Jean Calvin dans son commentaire sur Philippiens :

« (…) Dieu n’est point semblable aux hommes : Il ne se lasse point en faisant le bien, et son trésor ne diminue point. Il est donc besoin que les fidèles s’exercent en la méditation continuelle des bienfaits de Dieu, afin qu’ils s’entretiennent et soient confirmés  dans l’espérance pour le temps à venir, et qu’ils répètent toujours à eux-même cet argument : Dieu ne délaisse point l’oeuvre de ses mains qu’il a commencée; et comme le dit le prophète : « Nous sommes l’oeuvre de ses mains : Il parfera donc ce qu’il a commencé en nous » (Ps 138.8, Es 64.8). » (J. Calvin, Commentaires sur Philippiens, Kerygma, p.231)

Gloire soit à Dieu pour une telle grâce et une telle fidélité !

0 réponses sur "La grâce est une réalité journalière !"

    Laisser un message

    À propos

    Multi-C est la plateforme de formation en ligne gratuite de l'Union Baptiste.

    Qui est en ligne?

    Aucun membre ne se trouve actuellement sur le site
    Copyright© 2015- Union d'Églises Baptistes Francophone du Canada | Site développé par Nelmedia. Tous droits réservés.
    Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial
    error

    Suivez-nous !!!

    Facebook
    Facebook