Les marques d’une église en bonne santé : Une bonne compréhension de la conversion et de l’évangélisation (6)

Nous serons tous d’accord d’affirmer que Jésus a donné à son Eglise le mandat de faire de toutes les nations, des disciples. Et ainsi, ce mandat débute par l’évangélisation, c’est à dire l’annonce de l’évangile. Il est alors intéressant de nous poser la question de la légitimité ou non de la « manière » dont nous évangélisons, et de façon plus précise, de ce que nous « disons » lorsque nous évangélisons.

Nous nous devons de ne pas être naïfs, notre manière d’annoncer l’évangile révèle beaucoup plus de choses à propos de notre théologie que nous pourrions le penser. Et pour être plus précis, la manière dont nous évangélisons et ce que nous proclamons est étroitement lié à notre compréhension de la conversion.

Paul, en Romains 1.18-22, souligne avec clarté que l’être humain connait naturellement Dieu en son cœur. Mais il précise aussi que, durant sa croissance et sa vie d’adulte, ce même être humain supprime cette connaissance alors qu’il marche dans un chemin centré sur lui-même. C’est sur ce chemin qu’il construit son identité, sur le fondement d’une autonomie illusoire et mensongère vis à vis de son Créateur. L’apôtre Paul est alors radical quant au verdict divin face à une telle attitude : Il est « inexcusable » et Dieu « livre » l’être humain aux penchants ténébreux de son propre cœur. C’est d’ailleurs pour cela qu’il affirmera dans sa lettre aux éphésiens que l’homme, naturellement, est mort dans ses offenses et ses péchés (Eph 2.1). La conclusion est alors claire : le meilleur show musical, la meilleure narration positiviste, et la plus belle entraide en matière de justice sociale sont insuffisants en tant que tels pour pallier le problème fondamental de l’être humain. D’ailleurs, c’est un problème qui est « double ». Non seulement l’homme est « coupable » aux yeux de Dieu, mais il est aussi « incapable » de marcher naturellement dans une vie d’adoration envers Dieu, une vie pour laquelle il a été précisément créé. L’être humain n’a donc pas besoin d’une « réforme » :  il a besoin d’être à la fois « pardonné » et « réconcilié » avec Dieu pour recevoir une vie nouvelle de la part de Dieu. C’est précisément grâce à cette vie offerte qu’il pourra ainsi vivre cette vie d’adoration en communion avec Dieu pour laquelle il a été créé.

Ainsi, la « conversion » (le fait de se tourner vers Dieu dans l’obéissance d’une foi centrée sur la personne de Jésus-Christ, recevant ainsi le pardon et la réconciliation) est un miracle qui nécessite une intervention divine. Il n’existe aucun mécanisme humain pour produire automatiquement une telle intervention divine. Aucune technique ne peut transformer une personne « morte » dans ses péchés en une personne « vivante » adorant Dieu. Cependant, comme le souligna Jésus dans la parabole du Semeur (ou plus exactement, la parabole des quatre terrains (Marc 4)), nous ne sommes pas ultimement responsables du résultat de notre évangélisation, mais nous sommes responsables de semer, d’évangéliser…et ainsi, nous sommes responsables de la manière dont nous évangélisons. En effet, ce ne sont que les graines d’une droite prédication de l’évangile qui pourront porter du fruit grâce à l’intervention exclusive du Saint-Esprit : Un fruit qui demeurera ! En effet, c’est uniquement le Saint-Esprit qui fera germer ces graines de l’évangile dans le cœur de ses élus (2 Cor 3 & 4).

Ainsi, parce que nous comprenons que la « conversion » est avant tout un miracle, notre responsabilité dans l’évangélisation consiste à toujours veiller à ce que notre « compréhension » et notre « communication » de l’évangile soient bibliques (1 Pierre 1.22-25, cf. Article précédent).

Une saine évangélisation ne peut donc pas diminuer la profonde culpabilité de l’homme en comparant le péché à une maladie ou un handicap : Le péché est profondément une « rébellion » du cœur humain.

Une saine évangélisation ne peut pas mettre sous silence la réalité de la « justice de Dieu », et en particulier, la réalité de l’enfer.

Une saine évangélisation ne parle pas de Jésus, premièrement comme un modèle à suivre (comme dans la plupart des théologies libérales), mais comme Dieu le Fils qui s’est fait homme pour être celui qui reçut la colère de Dieu le Père à la place de son peuple sur la croix.

Une saine évangélisation est une « proclamation » se reposant sur la puissance souveraine de Dieu qui, seul, peut transformer la vie de nos auditeurs en les arrachant aux ténèbres.

Une saine évangélisation ne mesure pas son succès dans la quantité de personnes qui sont transformées mais dans une persévérance passionnée de ne prêcher que Jésus-Christ, mort et ressuscité, dans les bonnes ou mauvaises circonstances.

Une saine évangélisation est accompagnée de la prière afin qu’une « porte pour l’évangile » soit ouverte dans les circonstances de notre vie.

Une saine évangélisation ne peut pas posséder comme unique but, la simple « décision » de la personne évangélisée, mais elle est toujours accompagnée par une forme de discipulat au sein duquel le nouveau croyant apprend la persévérance de la foi. Et ainsi, par la puissance du Saint-Esprit, cette personne est transformée de gloire en gloire à la ressemblance de Jésus-Christ.

Nous aborderons le discipulat dans notre prochain article…

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